Pearl harbor de Michael Bay

Il y a un premier constat peu commun qui montre l’envergure internationale et titanesque de PEARL HARBOR.

Si l’on rappelle (à ceux qui ont échappé à la promo à l’époque) qu’a été organisée sur un porte-avions à Hawaï une avant-première mondiale qui aurait pu remplir les caisses du P.I.B d’un Pays sous-développé, voire même d’un Pays en Voie de Développement, on apprend parallèlement selon le journal professionnel « Variety » que le film de Michael Bay connaît en fait trois versions. La version américaine, que l’on verra dans la plupart des pays, et deux autres versions, l’une allemande et l’autre japonaise, où des mots ont été changés, voire supprimés, pour ne pas choquer les spectateurs de ces pays. Il faut dire que la caricature redoutée et l’excès de patriotisme si cher aux Américains prennent malheureusement une fois de plus toute leur ampleur, même si elle était inévitable. Le second constat prouve que Michael Bay sait définitivement livrer clef en main à son richissime pote Jerry Bruckeimer de vrais spectacles d’envergure, puisque c’est déjà leur quatrième collaboration après BAD BOYS, THE ROCK et ARMAGEDDON. Son efficacité en terme de rentabilité, mais aussi son image auprès du grand public, illustrent à merveille cette réussite aux parfaites apparences. Le troisième confirme aussi paradoxalement que la conception cinématographique du réalisateur n’évolue pas et qu’il reproduit les mêmes schémas.

FRESQUE SPECTACULAIRE A L’EAU DE ROSE

Le cinéma de Michael Bay est invariablement le même, mais les budgets de ses films s’envolent toujours plus vers des hauteurs vertigineuses. Où s’arrêtera-t-il donc ? Et si des Japonais lui donnaient un jour non plus 200 mais 500 millions de dollars, peut-être pourrait-il filmer (à l’aide des laboratoires d’I.L.M ultra-perfectionnés de George Lucas) l’explosion des bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki ? Qui sait ? Et cette grandiloquence dans la course aux effets spéciaux et aux décors toujours plus démesurés s’arrêtera-t-elle un jour ? Pas sûr. Le début de PEARL HARBOR s’attarde sur une histoire d’amour peu crédible. Ben Affleck passe du costume de cosmonaute d’ARMAGEDDON à celui de jeune pilote héroïque valeureux. Josh Harnett (THE FACULTY) campe son ami d’enfance, et Kate Beckinsale (LA COUPE D’OR) est la jeune infirmière aux allures de poupée glamour qui fera chavirer le cœur des deux jeunes bellâtres naïfs. Il faut donc attendre une heure et demie pour voir l’attaque de Pearl Harbor, certes très spectaculaire mais bien résumée dans la bande annonce ultra-efficace et archi-diffusée dans les salles depuis des mois. Les abus de ralentis (ils se comptent par dizaine, dont un calqué sur un plan de L’EMPIRE DU SOLEIL de Spielberg), les couchers de soleil qu’on ne compte plus du type « carte postale de mauvais goût », et une histoire d’amour ratée et déjà vue, sont les trois défauts majeurs du film. Restent les effets spéciaux assez bluffants il faut le reconnaître, et la perspective de passer un long moment (trois heures !) en famille un soir d’été. Si vous ne l’avez pas encore vu, c’est le moment d’acheter votre exemplaire de ce film (disponible en Bluray et DVD).

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